L’allaitement maternel : une expérience propre à chaque dyade mère/enfant et à chaque famille
Allaiter est une décision personnelle. Certaines familles savent dès le début qu’elles souhaitent allaiter, d’autre hésitent, d’autres encore ne peuvent pas ou ne veulent pas. Aucun choix n’est meilleur ou moins bon : ce qui compte, c’est que le bébé soit nourri, aimé et que ses parents soient soutenus.
Pourquoi allaiter ?
Voici quelques raisons souvent évoquées, à prendre comme des repères, sans pression :
Un aliment adapté au bébé :
Le lait maternel est spécifiquement conçu pour le nourrisson. Sa composition évolue : le colostrum des premiers jours, riche en anticorps, puis le lait mature, qui s’adapte au fil des semaines et même au cours de sa tétée. Il contient des nutriments, des enzymes, des facteurs de croissance, des cellules immunitaires et des anticorps. Il est facile à digérer et généralement bien toléré.
Des bénéfices pour la santé du bébé :
Les études montrent que l’allaitement, surtout lorsqu’il est exclusif les premiers mois, est associé à une réduction du risque de certaines infections (gastro entérites, otites, infections respiratoires, …). Il pourrait également avoir un effet protecteur à plus long terme sur l’obésité, le diabète ou certaines maladies. Il est donc un atout mais n’empêche pas toutes le maladies.
Des bénéfices pour la mère :
L’allaitement aide l’utérus à se contracter après l’accouchement et peut réduire les saignements du post-partum. Il est associé sur le long terme à une diminution du risque de certains cancers (sein, ovaire) et d’hypertension. Il peut aussi aider certaines mères à se sentir plus confiantes dans leur rôle parental.
Un lien particulier :
La tétée est un moment de proximité, de peau à peau, de regulation émotionnelle. L’ocytocine, l’hormone de l’attachement, est libérée pendant l’allaitement. Cela peut apaiser le bébé et la mère. Cependant le biberon peut aussi être un moment de tendresse et de lien; ce n’est pas l’allaitement seul qui crée l’attachement.
Pratique et économique :
Le lait maternel est toujours prêt, à la bonne température, sans préparation ni stérilisation. Il produit également moins de déchet. Pour les familles qui reprennent un activité, tirer son lait demande une organisation, d’investir dans des accessoires, d’anticiper.
LE SAVIEZ-VOUS ?
La composition du lait maternel n’est pas figée. Elle évolue notamment avec l’âge du bébé et s’adapte progressivement à ses besoins.
Pourquoi continuer à allaiter quand le bébé va à la crèche ?
Allaitement et crèche sont tout à fait compatibles. De nombreuses familles poursuivent l’allaitement, en totalité ou en partie. L’essentiel est de trouver le rythme qui convient à chacun, sans pression ni culpabilité.
Continuer l’allaitement permet de maintenir ces bénéfices, mais aussi de garder un rituel rassurant : tétée le matin, le soir, les week-ends. Votre bébé peut, à la crèche, boire le lait tiré ou du lait infantile, ou les deux. Il n’y a pas de règle unique.
Beaucoup de bébés s’adaptent très bien à ce rythme: ils boivent différemment selon qu’ils sont au sein ou au biberon, et ils compensent souvent avec plaisir lors des tétées de retrouvailles. Chaque choix est légitime. L’important est le bien-être du bébé et de sa mère.
Un peu d’organisation est cependant nécessaire :
Tirer le lait : avec un tire-lait manuel ou électrique, même au travail dans un espace calme, toutes les 3-4h. La production s’adapte à la demande : plus vous stimulez, plus vous produisez.
Étiqueter : chaque contenant doit porter le prénom et le nom de l’enfant, la date et l’heure du tirage.
Transporter : placez le lait dans une glacière avec des pains de glace. Celui-ci sera immédiatement mis au réfrigérateur à la crèche.
L’équipe de la crèche peut vous accompagner, vous écouter et ajuster avec vous les quantités et la rythmicité.
Votre bébé peut (surtout au début) préférer le sein, la proximité, l’odeur de sa mère ou de son parent et donc refuser le biberon. L’équipe échangera avec vous et essayera différents contenants (biberon, tasse, cuillère, …), différentes températures ou proposer le lait à un autre moment plus ajusté à ses signaux (faim, satiété, succion) et à son rythme. Il peut également moins boire, il se ratrappera alors avec vous le soir. Il peut au contraire réclamer plus et moins souvent ; l’échange est alors important pour mieux répondre à ses besoins à la crèche, il se rééquilibrera le soir et les week-ends avec vous.
Quelle quantité prévoir ?
Un bébé au sein boit moins qu’au biberon. Il n’est pas toujours facile de savoir quelle quantité tirer et apporter à la crèche. La quantité quotidienne (en ml) se calcule en multipliant le poids du bébé (en kg) par 120/150ml (sans dépasser 1000ml/j).
Entre 3 et 4 mois, le bébé prend entre 120 et 150ml par tétée soit 750 à 900ml pour 5 à 7 tétées /24h.
Entre 5 à 6 mois, il prend entre 150 et 180ml par tétée soit 800 à 1000ml pour 5 tétées/24h.
Lors de l’introduction des solides vers 6 et 8 mois, entre 150 et 180ml par tétée soit 600 à 800ml pour 4 tétées/24h.
Vers 9-12 mois, l’enfant prend entre 120 et 180ml par tétée soit 500 à 700ml pour 3 tétées/24h.
Il est nécessaire de conserver 2 à 3 tétées /j pour maintenir la lactation.
L’Organisation Mondiale de la Santé recommande un allaitement exclusive jusqu’à 6 mois, puis la poursuite de l’allaitement avec une alimentation complémentaire jusqu’à deux ans. En France, les recommandations vont dans le même sens. Mais chaque situation est différente, il n’y a pas de parcours obligé.
Le lait infantile est une alternative sûre et adaptée. Ne pas allaiter ne fait pas de vous un mauvais parent. L’essentiel est de nourrir votre bébé, de répondre à ses besoins et de prendre soin de lui et de vous, ses parents.
En résumé, pourquoi allaiter ? Parce que c’est une option bénéfique pour la santé, pratique et souvent vécue comme un moment fort de lien. Mais c’est un choix, pas une obligation. Que vous allaitiez, que vous donniez du lait infantile, ou que vous fassiez les deux, l’important est que votre bébé soit nourri, entouré et que ses besoins soient respectés. N’hésitez pas à vous rapprocher des équipes des crèches pour affiner au plus juste les propositions.
